Le CSA : autorité indispensable ou shérif impuissant ?

Il y a deux moments où l’on parle beaucoup du CSA : quand il faut calculer les temps de paroles des candidats durant les périodes électorales et quand Cyril Hanouna ou un des chroniqueurs de Touche Pas à Mon Poste a fait une faute. 

Médiamétrie et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) sont les deux grandes instances fondamentales dans les médias. L’une analyse l’audimat des émissions quand l’autre dissèque leur contenu. Intéressons nous aujourd’hui au Conseil Supérieur de l’Audioviuel.

> Le CSA, c’est quoi ?

Le CSA est une autorité qui a pour but de jouer les « gendarmes » auprès des différents supports audiovisuels présent en France, en somme, la télévision et la radio. Ce conseil n’est pas le premier en son genre et c’est depuis 1982 que les milieux télévisuels et radiophoniques sont scrutés et analysés par les « Sages », avec anciennement la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (1982-1986) puis la Commission Nationale de la communication et des libertés (1986-1989), qui a ensuite cédé sa place au CSA qui a donc vu le jour le 17 janvier 1989. Et bien qu’il soit un organisme indépendant, le CSA est tout de même orchestré subtilement par l’Etat, le Président de la République nommant tous les six ans le Président du CSA et les présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat désignant les six autres membres du conseil tous les deux ans.

> Le CSA, ça sert à quoi ?

Et bien c’est très vaste !

C’est cette institution qui décide si une chaîne sera ou non disponible sur la TNT. En 2015, ils ont par exemple voulu retirer ‘Numéro 23’ (désormais RMC Story) de la TNT, non mais ce sont des malades ! Une des meilleures chaînes pour ceux qui aiment le tatouage et… le tatouage. En clair, le CSA fait et défait les chaînes comme bon lui semble.

Comme dit en début d’article, le CSA a aussi pour mission de veiller au pluralisme, aux temps de paroles lors des périodes présidentielles et donc à la stricte équité ou égalité des candidats (Si Mélenchon dit pendant 5 minutes qu’il est une personne sacrée car il est parlementaire, 5 minutes de temps de parole seront décomptées par exemple).

Le CSA interdit aussi la consommation d’alcool ou de drogue de manière totalement volontaire sur un plateau télé. La protection des mineurs est aussi un des points phares de l’action du CSA, d’où la création des petits pictogrammes « -10 », « -12 » etc : le CSA ne les imposent pas et ce sont les chaînes qui sont libres de les mettre ou non, s’exposant bien entendu à d’éventuelles sanctions si non respect de la règle. Le CSA s’immisce aussi dans la lutte pour la parité, en incitant les chaînes et ondes à mettre au maximum les femmes à l’écran ou derrière les micros.

Le respect de la langue française est aussi l’un des combats primordiaux du CSA, encourageant voire obligeant les chaînes à ne pas trop abuser des films et séries étrangers dans leurs grilles. Et dans la catégorie « respect », on ne peut écarter l’idée de respect de la dignité humaine avec l’interdiction des propos ouvertement homophobes ou racistes ou d’actions visant à l’humiliation d’Autrui évidemment.

Bon après le CSA a beaucoup d’autres compétences mais il serait nécessaire de faire une thèse entière dessus pour toutes les approfondir (vous pouvez d’ailleurs visiter le site du CSA pour davantage d’explications et éclaircissements).

> Le CSA, ça fait quoi ? 

C’est la question que beaucoup se posent. Et bien les membres du CSA se réunissent généralement tous les mercredis lors d’une assemblée pour blablater, débattre sur des sujets précis et préalablement annoncés afin de donner avis, recommandations voire sanctions, si cas nécessaire, tout en s’appuyant sur les occasionnelles plaintes envoyées par les téléspectateurs. Les sanctions et bien parlons en ! A l’heure où TPMP s’est fait remonter les bretelles plus d’une fois ces derniers mois, l’utilité du CSA demeure de plus en plus contestée. Alors, quelles sont les sanctions que peuvent prendre le CSA envers une émission ou une chaîne ?, sachant que les mesures les plus sévères sont confiées à un rapporteur indépendant :

  • lettre de mise en garde (niveau 1)
  • mise en demeure (niveau 2)
  • sanction monétaire (qui ne peut excéder 3 à 5% du chiffre d’affaires de l’agent concerné)
  • suspension temporaire de l’émission
  • retrait de l’autorisation d’émettre

Le CSA est aussi en mesure de nommer les présidents de France Télévisions, Radio France ou encore de l’Institut National de l’Auviovisuel (INA). En revanche, il lui est impossible d’agir sur La Chaîne Parlementaire (LCP, la chaîne que personne ne regarde) ou Arte.

=> Le CSA a t-il vraiment de l’autorité et un pouvoir extrême ? 

En réalité non. Bien que le CSA se présente comme le « gendarme de l’audiovisuel », il est en réalité peu généreux en réelles sanctions. Alors bien que certaines séquences audiovisuelles méritent un traitement urgent, immédiat et rigoureux, le CSA prend son temps, reste pacifiste, donne juste quelques coups de bâton sur les doigts, simplement pour montrer qu’ils travaillent vraiment. L’emballement médiatique fait alors face à l’attentisme administratif, et c’est tout simplement navrant.