Vive les soirées trampoline devant Big Bounce…

Ce vendredi, j’aurais dû me faire un petit plateau télé années 90 devant le doc’ sur France 3, revoir comment Sophie Davant avait déjà sauvé la 2 en débarquant sur Fort Boyard, les déboires de Berlusconi avec La Cinq ou encore la brosse à dents de Nagui. Mais le vendredi, mon plateau télé est familial et mes bouts de chou ont préféré regarder Big Bounce, la course de trampoline sur TF1.

Le concept de l’émission ? Comme pour Splash : tout est résumé dans le titre. Oui, « Big bounce, la course de trampoline » est bien une course de trampoline. Et là, vous vous demandez « mais comment une émission pareille peut se retrouver en prime sur TF1 ? ». Par accident forcément. Quand TF1 a acté l’annulation de la saison de Koh Lanta au printemps dernier, les dirigeants étaient en rassrah totale, comme s’ils s’étaient pris la tapette géante de la finale en pleine gueule, et ils ont dû trouver une quinzaine de prime en remplacement. C’est le moment choisi par le patron d’Endemol pour frapper à leur porte. « Bonjour TF1, ça vous intéresse 3 primes avec une émission proche de Ninja Warrior, avec des parcours de trampoline ? ». « Euh ? Ninja Warrior ? C’est du 30 % ménagères ça… On signe où ? ». Voilà comment ça a dû se faire en gros.

Et encore je passe sous silence le travail monstre d’Endemol pour faire de cette émission allemande un programme diffusable en prime-time sur la première chaîne de France. Et dès l’intro de l’émission, tu sens qu’ils ne sont pas complètement à l’aise avec ce qu’ils nous vendent. Laurence Boccolini nous survend le trampoline comme le phénomène à la mode en France, avec des trampolines dans toutes les salles de sport, le succès des Trampoline Parks ou encore l’achat massif de trampolines de jardin. Mouais. Elle a dû voir une promo chez Decathlon pour un trampoline à 180 euros au lieu de 300 elle s’est emballée. C’est quoi la suite ? Big Bounce, le concours de balançoires ? Youhou, la plus grande descente de toboggan ?

Pour la première émission diffusée, l’audience a été au rendez-vous, avec notamment un gros score sur les ménagères et enfants. Il y a donc forcément un truc pour que les gens restent du début à la fin mais quoi ? Je ne pense pas que ce soit l’enjeu de la compétition. Même s’il y a 50 000 euros en jeu pour le vainqueur, tout le monde s’en fout un peu de savoir qui va gagner la course de trampolines. Personne ne va mettre ça sur son CV. Faut donc chercher ailleurs.

Le casting peut être ? La prod’ s’amuse à confronter des personnages aux profils proches : Dylan et Yassine de Koh Lanta, des coachs sportifs, des acrobates contre des gymnastes, des équipes rivales de basketteurs, etc. Pour Mister France, il y a dû y avoir un désistement, il a affronté un employé de Trampoline Park. Niveau star, il y avait du beau monde avec le policier qui se prend pour Spiderman la nuit, le fiancé de la fille de Franck Leboeuf ou encore Morgan le cheerleader de Secret Story. Bon, vous avez compris, le casting n’était pas dingue. En même temps quand tu tournes l’émission en octobre dans un hangar aux Pays-Bas, ce n’est pas évident d’attirer le gratin.

Non, la réussite du programme réside dans ce que Laurence Boccolini appelle « le terrible passage du plongeoir ». La seule épreuve où t’as l’air con que tu la réussisses ou non. Soit tu te prends la poutre en pleine poire, soit tu passes au dessus mais tu t’étales comme une crêpe. Et c’est encore plus savoureux quand ce sont des enfants qui s’éclatent la tête contre l’obstacle. C’est méchant ? Oui mais moi je voulais regarder le doc’ sur les années 90…

A l’heure où j’écris ces dernières lignes, Christelle tente le parcours qualificatif pour la finale. Elle redoute la hauteur du dernier obstacle parce que selon elle « c’est haut ». Pas faux. Laurence Boccolini et Christophe Beaugrand sont toujours à fond aux commentaires, mes enfants pareils devant la télé. Je suis au bout de ma vie…