La télé des années 90 : TOP 5 des meilleures anecdotes

Ce soir, France 3 diffuse la deuxième partie de « La télé des années 90 » de Philippe Thuillier, retraçant les années 1994 à 1999. Si vous n’avez pas encore vu la première partie et que vous aimez les années 90, jetez vous sur le replay : on a affaire à une pépite. Ce n’est pas une simple rétrospective d’images d’émission, mais une vraie histoire de la télévision, avec des extraits d’émission cultes, des images off et des interventions de ceux qui faisaient cette télé, comme Jean-Pierre Elkabbach, Marc-Olivier Fogiel, Thierry Ardisson ou encore Arthur. Bref, ce n’est pas une ressucée de « Fan des années 90 » qui passait sur NT1, où Sandra Lou nous racontait qu’elle regardait Les Grosses Têtes de Bouvard chez ses grands parents. Là c’est un vrai documentaire, avec un gros travail journalistique, de belles archives et des anecdotes incroyables.

Parmi les dizaines d’anecdotes incroyables, nous vous proposons donc un top 5. Un choix totalement subjectif.

1 – Comment les Niouzes ont fini sur TF1

A la fin de la saison 1994-1995, TF1 doit trouver une solution pour son access : le retour de Christophe Dechavanne dans la case avec Coucou, deuxième version de Coucou c’est Nous, n’est pas un grand succès. Michel Drucker et son Studio Gabriel fait la nique à TF1 tous les soirs entre 19h et 20h. La direction de TF1 lance un appel auprès de différentes boîtes de prod’ et Thierry Ardisson apprend qu’ils cherchent une émission de divertissement. Il a alors l’idée de surfer sur le succès de Laurent Ruquier sur France Inter et propose d’amener en télé la bande de Rien à cirer pour lui faire présenter un JT décalé. La fausse bonne idée absolue. Surtout que l’émission a été très mal servie par l’actu, avec les attentats dans le métro parisien peu avant son lancement. Vous verrez ce soir qu’en fait, Thierry Ardisson a réussi à avoir la case grâce à un séminaire bien arrosé de la direction de TF1, qui a validé son projet sur la foi d’un visionnage à pas d’heure d’une capture vidéo de Rien à cirer. L’émission fera un flop absolu, Thierry Ardisson jettera l’éponge au bout d’une semaine et c’est Alerte à Malibu qui viendra sauver l’access de TF1.

2 – Arthur soufflé par Lagaf et son Bigdil

En 1998, TF1 a encore des problèmes avec son access. Nagui et son nouveau jeu Un pour tous s’est planté et a été remplacé par des rediffs de Walker Texas Rangers. Oui, dans les années 90, les séries américaines venaient souvent à la rescousse des erreurs de programmation. Etienne Mougeotte et Patrick Le Lay décident de miser sur Arthur, avec une nouvelle émission intitulée Allô Bonsoir. Mais l’animateur des Enfants de la télé n’est pas encore prêt et opte plutôt pour un lancement en septembre 1998, plutôt qu’en cours de saison. En attendant, TF1 lance donc un jeu, une adaptation d’un format américain, avec à sa tête Vincent Lagaf, accompagné de Bill, un extra-terrestre en 3D. L’émission est un succès immédiat et elle tiendra la barre de l’access jusqu’en 2003. Pour sa dernière saison, elle est basculée à 18h pour laisser la place à la Star Academy, produite par… Arthur. Le changement d’horaire est sensé être provisoire mais une fois la Star Ac’ finie, TF1 décide de lancer un nouveau jeu en access : A prendre ou à laisser, animée par… Arthur. Le genre de mec qui ne lâche jamais l’affaire.

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3 – Elkabbach à l’Ile Maurice en pleine crise gouvernementale

En 1994, la jeunesse est dans la rue pour protester contre le Contrat d’Insertion Professionnelle proposée par Edouard Balladur. A l’époque, les chaînes infos n’existent pas encore et les grandes chaînes ne savent pas trop comment aborder ce mouvement social. France 2 décide de frapper un grand coup et organise un grand débat animé par Michel Field pour donner la parole à cette jeunesse. Ce débat est un événement tel que le JT du soir est avancé à 19h30 pour lui offrir la meilleure exposition possible. L’émission est un joyeux bordel, avec des jeunes très déterminés qui arrivent le soir en plateau après leur journée de manifestation. Des gilets jaunes en puissance quoi. Sauf que l’émission est si puissante qu’en fin d’émission, Alain Madelin, alors ministre de l’économie, avoue en duplex que le CIP était une belle connerie. Edouard Balladur se sent trahi par France 2 et en veut forcément au président de la chaîne. Mais quand il l’appelle, il se trouve que Jipé est à l’Ile Maurice en train de se la couler douce. L’émission coûtera cher à France2 : une enveloppe prévue de 500 000 francs disparaîtra du budget de la chaîne suite à ce débat.

4 – Les cassettes de N’oubliez pas votre brosse à dents envoyées aux députés

En 1994, dans son objectif de concurrencer TF1, Jean-Pierre Elkabbach lance un nouveau jeu en prime-time : N’oubliez pas votre brosse à dents (Sse A Dents). L’émission est l’adaptation d’un format totalement déjanté, où Nagui repousse toutes les limites : un micro-revolver pour interroger le public, des valises pleines de billets et bien sûr des nanas à poil. Une émission bien outrancière pour caricaturer toutes les émissions télés de l’époque. France 2 cartonne alors en audience et met régulièrement la misère à Patrick Sébastien sur TF1, ce qui n’est pas très apprécié par la direction de la Tour. Mais dans les années 90, tous les coups sont permis. La direction de TF1 fait envoyer à l’assemblée nationale des cassettes avec les « meilleurs » extraits de l’émission de Nagui pour tenter de la faire arrêter. Ils obtiendront gain de cause en 1996 à l’arrivée de Xavier Gouyou-Beauchamps. Et comme tous les coups sont vraiment permis, TF1 engagera dans la foulée Nagui et lui fera animer une nouvelle version de la Brosse à dents.

5 – La pièce de boulevard jouée par Christophe Dechavanne

En 1992, Christophe Dechavanne est la valeur montante de la télévision, le Camille Combal de l’époque si vous préférez. Sur TF1, il cartonne avec Ciel, mon mardi, mais après 4 saisons de succès, il aimerait animer une nouvelle émission. Les dirigeants de M6, Nicolas de Tavernost et Thomas Valentin aimeraient bien le débaucher et veulent le rencontrer pour lui proposer différents projets. Christophe Dechavanne les invite à son domicile pour discuter avec eux et voir comment ils pourraient éventuellement travailler ensemble. Problème, il avait aussi invité le jour même Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte. L’animateur raconte donc comment il a du exfiltrer de son appartement les patrons de M6 tandis que ceux de TF1 étaient confinés dans la cuisine. Une situation dingue. Finalement, il décidera de rester à TF1 pour lancer sûrement son plus gros succès : Coucou c’est nous.

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Ce ne sont pas les seules anecdotes à découvrir dans « La télé des années 90 » diffusé ce soir sur France 3. Il y a encore la réunion nocturne organisée par Jean-Pierre Elkabbach avec Arthur, Nagui et Jean-Luc Delarue pour mettre fin au scandale des voleurs de patate, les misères de Guillaume Durand sur Canal+, le formidable retournement de veste d’un dirigeant de TF1 criant au génie le soir de la première de Tout le toutim, qui une fois les audiences connues explique à Dechavanne que son émission, c’est de la merde. Bref, on vous conseille vivement cette émission.