Tuto : comment optimiser ses audiences ?

Dans le monde de la télé, l’audimat est roi. Plus il y a de monde qui regarde votre chaîne, plus vous plaisez aux annonceurs et plus vous plaisez aux annonceurs, plus vous avez de soussous dans la popoche.

Pour attirer des téléspectateurs, il faut évidemment de bonnes émissions. Mais il y a aussi quelques astuces pour augmenter son audience sans toucher au programme, et c’est l’objet de cet article.

Astuce 1 : Profiter d’un bon lead-in ou d’un bon lead-out

Un lead-in est une sorte de locomotive qui a pour but de booster votre audience. Par exemple, sur France 5, C à Vous démarre chaque émission avec le plein de téléspectateurs, grâce à l’émission qui la précéde, C dans l’air, qui attire chaque jour 1,5 millions de téléspectateurs. Le travail consiste alors à conserver le maximum de personnes devant son émission, ce que C à Vous réussit très bien. Du côté de TF1, on hésite pas à utiliser le blockbuster Koh Lanta en lead-in de nouvelles émissions en deuxième partie de soirée. Alessandra Sublet (Action ou Vérité), Arthur (L’Hebdo Show) ou encore Yann Barthès (Les Q d’Or) ont pu ainsi se lancer sans risquer de passer sous la barre du million.

Le lead-out fonctionne à l’inverse en boostant la courbe d’audience sur le dernier quart d’heure, quelle que soit la qualité de votre programme. Sur France 2, on a ainsi le feuilleton quotidien Un Si Grand Soleil qui a ses audiences indexées sur l’audience du prime-time. La chaîne le sait très bien mais ne se gêne pas pour communiquer sur les records d’audience de la série les soirs même si sa courbe est surtout dingue sur les cinq dernières minutes.

L’idéal est bien sûr d’avoir à la fois un bon lead-in et un bon lead-out, comme le jeu Tout le monde a son mot à dire d’Olivier Minne, casé entre les deux émissions phares de la chaîne : Affaire Conclue et N’oubliez pas les Paroles. Cette exposition idéale a permis au jeu de sauver ses audiences pour au fil des semaines finir par trouver son public.

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Astuce 2 : Miser sur la contre-programmation

Une émission de qualité peut parfois souffrir d’une concurrence trop forte. Les programmateurs doivent adapter leurs grilles à celles des autres chaînes pour éviter de courir tous après le même gibier. Le cas d’école est bien évidemment M6, qui s’est construite dans une logique de contre-programmation par rapport à TF1. Face à la messe du 20h, sont programmés des séries, face au Ciné-Dimanche, des magazines d’info ou encore face aux matchs de l’Equipe de France, « Dirty Dancing » ou « Pretty Woman ».

En access, M6 va plus loin, en se programmant en décalé pour se retrouver face aux pubs de TF1. Ainsi, le 19-45 et Scènes de ménages ont pour principales concurrentes sur les grandes chaînes des pages de pub.

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Astuce 3 : Bien gérer ses coupures pub

Les coupures pub sont comprises dans le calcul d’audience d’une émission. Or, qui dit coupure pub, dit baisse d’audience. Les téléspectateurs zappent et il faut prier pour qu’ils reviennent à la reprise de l’émission. En bons camelots, certains n’hésitent pas à promettre un super coming-next, une séquence incroyable dont vous mourriez si vous la ratiez. Du côté des programmateurs, le jeu va être de faire en sorte que la pub soit si bien calée, que le nombre de téléspectateurs au retour d’antenne soit identique à celui avant la pub, malgré la chute d’audience pendant. Il faut alors jeter un œil chez son principal concurrent pour se caler en fonction de lui : l’idéal est de placer son retour d’antenne au lancement de la pub du concurrent.

Le maître en la matière s’appelle Cyril Hanouna sur C8, qui est probablement l’animateur qui perd le moins de téléspectateurs en route. Il a l’avantage d’être le quasi-patron de sa chaîne, ce qui lui donne le droit de déplacer quotidiennement ses coupures pub, d’en supprimer certaines quand il anime un prime par exemple ou encore d’en déplacer dans les émissions de ses camarades, pour compter le moins de coupures pub dans le calcul de son audience.

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Astuce 4 : Le découpage en plusieurs parties

Nous avons déjà consacré un article à cet art du découpage donc on va faire court. L’idée est de morceler l’émission en plusieurs parties (deux en règle générale) pour communiquer sur une audience plus avouable. Cette pratique se justifie pour des émissions qui n’ont aucun lead-in et ont une courbe d’audience qui tarde à trouver son rythme de croisière, comme Quotidien ou Les Terriens du Samedi.

Évidemment, il y en a qui usent et abusent du découpage pour masquer leurs faiblesses. Mais c’est comme le déodorant, ça masque l’odeur mais cela ne l’enlève pas. Ainsi, Touche Pas à Mon Poste est passé en 3 saisons d’une émission en un seul tenant à une émission en trois parties (voire quatre certains soirs), pour masquer sa baisse continue d’audience.

Maintenant que vous connaissez ces 4 astuces, je peux vous présenter un beau cas d’école : William à Midi sur C8. L’émission enchaîne les bides d’audience depuis un an et demi mais la chaîne se doit de protéger William Leymergie, un animateur qui a osé quitter France 2 pour rejoindre la chaîne du groupe Canal. Tous les moyens sont ainsi utilisés pour sauver le soldat William : l’audience communiquée ne concerne que la dernière demi-heure sur une émission qui dure trois fois plus longtemps, une case peu concurrentielle face aux tunnels de pub de TF1 et France 2 et dont la courbe est boostée par l’afflux de téléspectateurs pour les téléfilms de l’après-midi. Ainsi, alors que l’émission a une base de fidèles sous les 100 000 téléspectateurs peut parfois communiquer sur une audience de 300 000. Une réelle prouesse.

 

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