Plateau Télé devant Affaire Conclue

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Milieu d’après-midi, l’heure de la sieste, on se pose tranquillement devant Affaire Conclue. L’émission phénomène, qui n’arrête pas de battre des records d’audience, qui a sauvé à elle seule toute la grille de journée de France 2 et qui commence sérieusement à agacer TF1 et M6.

Alors Affaire Conclue, kesako ? Le principe est simple : des vendeurs amènent des objets à vendre, ces objets sont expertisés par des commissaires priseurs avant de passer en salle des ventes face à 5 acheteurs qui enchérissent pour remporter la mise. Un Pawn Stars à la française, avec beaucoup moins de moyens, tourné non pas à Las Vegas mais à La Plaine-Saint-Denis. Et c’est justement ce côté franchouillard, sans prétention qui fait le succès de l’émission.

Déjà, le profil des vendeurs. On est sur une moyenne d’âge de 70-71 ans. Les retraités sont fans de l’émission et veulent tous y passer. Quitte à refourguer n’importe quoi. Sophie Davant est souvent désespérée devant les objets improbables ramenés par ses fans grisonnants : des vieux vases, un beurrier à l’effigie de Pollux, une chaise percée pour faire ses besoins ou que sais-je encore. Mais il y a plus gênant pour Sophie Davant : les retraités qui tentent de la draguer. Bon là, c’est racadrage direct. Allez on parle de votre objet.

Sophie Davant, c’est vraiment une des plus-values de l’émission. Bon, faut activer le mode double lecture pour en profiter pleinement, mais vraiment si vous la regardez bien, vous pouvez lire toute sa souffrance sur son visage. Son ennui est fascinant. Elle pose 1000 fois les mêmes questions aux candidats: « comment vous appelez-vous ? », « Et d’où venez-vous ? », « Et cet objet, vous l’aviez vraiment chez vous ? ». En mode automatique tout le long de l’émission. On peut comprendre sa lassitude, avec tous les numéros qu’elle doit enregistrer pour satisfaire les besoins de la chaîne. Mais heureusement, Sophie sort parfois de sa torpeur. Il suffit que l’objet ait une forme ambiguë ou que le ou la vendeuse fasse une petite allusion coquine pour réveiller l’animatrice et retrouver celle qu’on croise chaque Noël dans les bêtisiers.

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Puis revient très vite le sérieux avec l’expertise des commissaires priseurs. Une récitation sans fin de fiches Wikipedia pendant laquelle Sophie Davant ne fait même pas mine d’être intéressée. Elle, ce qu’elle veut, c’est l’estimation de l’objet. Une estimation toujours à la louche, mais suffisamment prudente pour calmer les ardeurs des vendeurs. C’est à ce moment-là que Sophie Davant daigne donner son pass pour accéder à la salle des ventes. Et ce pass, c’est sûrement le truc le plus cheap du PAF. Un bout de carton sur lequel la prod’ a collé le logo de l’émission. C’est évidemment complètement inutile, on imagine mal qu’il y ait un videur devant la salle des ventes, exigeant de voir le pass en carton.

Non, ce qui attend les candidats avant d’entrer dans la salle des ventes, c’est un gars de la prod’ qui veut à tout prix enregistrer un magnéto avec un jeu de mots en lien avec l’objet mis en vente. Une tannée pas possible. Tu vends un appareil photo ? Vas-y, dis-nous que tu vas tout faire pour que les acheteurs « flashent » sur ton objet. Ouais c’est pas drôle mais c’est comme ça depuis le début et comme l’émission fonctionne bien, la prod’ n’ose pas y toucher.

Après, on passe en salle des ventes. Et là, c’est la loterie. Il suffit que Julien Cohen veuille faire un concours de quéquettes avec un(e) des autres acheteurs pour que les enchères s’envolent. Quand l’objet est vraiment invendable, les vendeurs doivent jouer sur la corde sensible. « Cet objet appartient à ma mère en fin de vie, je lui ai promis un super resto en rentrant de l’émission ». Et comme les acheteurs ne veulent pas passer pour des crevards, ils acceptent la plupart du temps de lâcher un petit billet. Pas sûr par contre qu’ils repartent chez eux avec tous les bibelots qu’ils achètent.

Mais franchement, si vous avez besoin de monter sur Paris, Affaire Conclue, ça peut vraiment être un bon plan. Il suffit de trouver un vieux truc à leur vendre, la prod’ vous paie le voyage et l’hôtel. Et si votre objet en vaut la peine, ça vous paiera même les restos sur place. Convaincu ? On peut dire qu’on a fait une affaire conclue ?