Pubs à la télé : y’a des règles à respecter

Badoumbam, aujourd’hui, l’équipe du ‘Plateau Télé’ s’intéresse aux règles qui régissent les publicités à la télévision. Ouais parce qu’il y en a marre de se faire couper la chique en plein Joséphine Ange gardien, alors qu’on allait enfin savoir si Mimie Mathy avait réussi sa mission du jour.

On aime bien râler sur l’omniprésence de la pub à la télé mais ce n’est pas le Far West non plus. Il y a des règles et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel veille à leur respect. Première règle : les chaînes privées ne peuvent diffuser que 216 minutes de pub par jour, ce qui donne une moyenne de 9 minutes par heure. Mais évidemment, cette moyenne n’est pas respectée. L’intérêt des chaînes est de concentrer les écrans publicitaires sur les périodes à forte affluence, et celui des annonceurs de décrocher les écrans les mieux exposés. Ainsi, très peu d’écrans pub sont vendus avant 8 heures du matin  et la moyenne est largement dépassée au cours de la journée.

Mais attention, il existe une deuxième règle qui a toute son importance : les chaînes privées ne peuvent pas diffuser plus de 12 minutes pour une heure d’horloge donnée. Très clairement, entre 20h00 et 21h00 par exemple, TF1 ne peut pas diffuser plus de 12 minutes de publicité. Ça pourrait bientôt changer mais pour l’instant les chaînes sont obligées de ruser. Ainsi, à l’heure du prime-time, quand le nombre de personnes devant sa télé est au plus haut, TF1 diffuse près de 18 minutes de publicité : 12 minutes avant 21h et 6 minutes juste après, ne lançant son programme du soir qu’à 21h08.

Autre obligation : il faut au moins 20 minutes entre deux écrans pub d’un même programme. W9 est au taquet sur cette règle pour maximiser ses profits pendant la diffusion des Marseillais Asian Tour, et placer ainsi deux coupures pub pendant la diffusion de chacun des numéros de sa télé-réalité. Auparavant, il fallait aussi ne pas dépasser 6 minutes par écran publicitaire. Cette règle a été maintenue pendant la diffusion d’œuvres cinématographiques mais finalement les chaînes continuent de la respecter pour l’ensemble de leurs écrans. Faut dire que plus un écran pub est long, moins il a d’impact auprès des téléspectateurs.

Les œuvres cinématographiques sont protégées du matraquage publicitaire avec la règle des 2 écrans pub maximum par film. Cette règle concerne aussi les téléfilms et les séries, mais les chaînes se sont adaptées en privilégiant les formats en 52 minutes. On passe sur TF1 qui découpe à la hache ses séries Camping Paradis et Joséphine, Ange gardien en deux parties, sans aucune logique scénaristique.

Pour le service public, c’est beaucoup plus limité, avec seulement 144 minutes de pub par jour, dans la limite de 6 minutes pour une heure d’horloge donnée. Ses programmes ne peuvent pas être interrompus par des coupures pub, donc là aussi, il a fallu s’adapter. C’est comme ça qu’on se retrouve avec deux émissions distinctes des Enfants de la télé le dimanche. Et bien sûr, pas de pub entre 20h et 6h du matin ou avant, pendant et après les programmes jeunesse.

Si tout ça vous paraît compliqué, dites-vous qu’aux États-Unis, il n’y a aucune règle et c’est un enfer pour les téléspectateurs. Des publicités toutes les 5 minutes, des programmes coupés à l’arrache, on en vient vite à aimer le CSA.

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