[Eurovision] Fabien Randanne : « La France a souvent été annoncée gagnante par les bookmakers… »

Cette semaine, ‘Le Plateau Télé’ a convié les plus grands experts de l’Eurovision pour nous raconter la singularité de cette compétition et se livrer au jeu des pronostics. Nous commençons avec Fabien Randanne, journaliste culture et médias chez ’20 minutes’ et surtout spécialiste de l’Eurovision !

LPTV : Pourquoi il faut regarder la prochaine édition de l’Eurovision ?

Fabien Randanne : Parce que, cette année, le concours est particulièrement ouvert et qu’il est bien difficile de dire qui l’emportera. Il y a des grands favoris, comme les Pays-Bas ou la Suède. Et des outsiders, comme l’Italie, Malte ou… la France qui pourraient tout à fait s’imposer. À moins qu’un autre créé la surprise. Et au-delà de l’aspect compétition, il faut vraiment savourer l’Eurovision comme un divertissement qui propose un bel éventail de genres musicaux, de l’Espagne au morceau qui sonne très ferias à l’Australie et sa proposition lyrico-pop en passant par l’hybridation de métal et d’électro servie par l’Islande et des morceaux plus « pointus » comme celui de la Slovénie. Enfin, l’Eurovision est un spectacle fédérateur : c’est assez émouvant et stimulant de se dire qu’au même moment plus de 200 millions de personnes autour du monde regardent la même chose. Que vous suiviez le concours seul, en famille ou entre amis, il ne faut pas oublier d’établir vos propres Top 10 !

LPTV : Quels sont vos candidats préférés (sans aucune considération de classement) ?

Fabien Randanne : Cette année, j’aime particulièrement la chanson de l’Albanie, une balade aux sonorités ethno-pop : Jonida Maliqi a une voix puissante, qui me colle des frissons. Le groupe polonais Tulia m’impressionne aussi beaucoup avec son mélange de chant traditionnel – une technique particulière dite « crier chanter » – teintée de rock. Je suis aussi client du groupe islandais Hatari et de son métal iconoclaste et queer, ainsi que du Portugais Conan Osiris, sans doute le plus avant-gardiste de ce concours. Et l’Italien Mahmood est une valeur sûre avec un Soldi que je ne me lasse pas d’écouter.

LPTV : Quelles chances de victoire pour Bilal Hassani ?

Fabien Randanne : Avant les répétitions, j’aurais répondu qu’elles étaient faibles. Et puis, en révélant sa scénographie puissante, avec un message fort sur l’acceptation de soi et l’accomplissement face à l’adversité, il a surpris tout le monde. En deux répétitions, il est monté parmi les favoris chez les bookmakers. Mais je n’oublie pas que la France a souvent été annoncée gagnante ou classée dans le Top 10 par les bookmakers sans que ces prédictions se concrétisent une fois la finale venue. Chat échaudé craint l’eau froide : je préfère rester prudent et plutôt miser sur un Top 10, qui serait un excellent résultat. Et, quoi qu’il arrive, Bilal et le reste de la délégation peuvent être fiers parce qu’ils ont accompli un travail de dingue et ont le mérite de faire passer un message d’ouverture aux autres qui devrait couler de source mais qui, hélas, n’est pas si évident de nos jours.

LPTV : Qui pourrait créer la surprise ?

Fabien Randanne : Je pense que les polonaises sont sous-estimées et qu’elles finiront dans le Top 10. Pour la victoire, la surprise pourrait venir de l’Estonie, qui n’est pas dans le radar des bookmakers, mais le morceau Storm, interprété par le Suédois Victor Crone est peut-être plus rassembleur qu’on ne l’imagine.

LPTV : On finit avec un prono : qui finira aux trois premières places ?

Fabien Randanne : Au moment où j’écris ces lignes, je miserais sur une victoire suédoise, devant les Pays-Bas et, allez, l’Islande. Mais j’espère me tromper sur ce tiercé et voir y figurer un « Roi ».

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