Combal, Weill, Hanouna… des animateurs protégés

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Dans le PAF, tous les animateurs ne sont pas logés à la même enseigne. Alors que la plupart doit se contenter de miser sur la seule « qualité » de leur émission, d’autres bénéficient d’un soutien appuyé de leur direction pour optimiser leur audience. Dans le milieu, on appelle ça des « animateurs protégés ». Mais concrètement, ça se traduit comment ?

Camille Combal, le cas d’école

C’était la surprise du mercato l’an dernier : TF1 confiait l’animation de Danse avec les Stars à Camille Combal. Le pari était double : lancer un nouvel animateur et redresser un format en déclin. Pour assurer le coup, Xavier Gandon a dégainé un nouveau découpage, avec une première partie se finissant à 23h, alors que l’émission se terminait plutôt vers minuit en réalité. Un petit bricolage qui permet d’améliorer l’audience, que Xavier Gandon avait justifié auprès de ‘Puremédias’ une volonté de « coller avec l’usage de la mesure ».

Quelques mois plus tard, rebelote : TF1 confie un nouveau gros format à Camille Combal : Qui veut gagner des millions ?. Le retour de l’émission sur TF1 est organisé en deux prime-times : un animé par Jean-Pierre Foucault et l’autre par Camille Combal. Mais pour celui de Jean-Pierre Foucault, « l’usage de la mesure » est oublié et seul le numéro animé par Camille Combal bénéficie d’un découpage en deux parties, avec une fin à 23h.

Les attentions de la direction pour Camille Combal se sont poursuivies ces dernières semaines avec l’arrivée en quotidienne du jeu. Programmée en pré-access, l’audience de l’émission se révèle un peu décevante, avec des audiences légèrement inférieures à celles de la case, notamment sur les cibles prioritaires. Ni une, ni deux, le jeu est raccourci, avec un début plus tardif et une coupure pub exfiltrée. Dans des conditions similaires, Jean-Luc Reichmann aurait apprécié autant d’attentions pour son jeu C’est déjà Noël.

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Martin Weill, l’autre valeur montante

Au sein du groupe TF1, Camille Combal n’est pas le seul à bénéficier d’un traitement de faveur. La semaine dernière, Martin Weill était mis dans un fauteuil pour son quatrième prime de la saison : Martin Weill sur les routes de la cocaïne. TMC lui a offert une campagne promotionnelle intense, avec de nombreuses bande-annonces, des bandeaux réguliers à l’écran et même un numéro de Quotidien consacré à la promotion de son programme, en lead-in. Bon, faut dire que c’est le même producteur, ce n’était pas trop dur à organiser.

Du côté de la chaîne, on a pour l’occasion fait sauter la pub entre l’access et le prime-time, pour bénéficier pleinement du lead-in de Quotidien. Pour la chaîne, c’est une croix faite sur de beaux revenus publicitaires, mais aussi une audience bien boostée. À titre de comparaison, W9, qui le même soir avait conservé sa pub d’avant-prime, a enregistré une audience inférieure de 100 000 téléspectateurs à celle de TMC bien que les deux programmes aient eu une audience équivalente de 22h à 23h, une fois l’effet lead-in estompé. Issa Doumbia avait même 70 000 téléspectateurs de plus que Martin Weill quand il a rendu l’antenne.

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Cyril Hanouna, l’électron libre

Pour ce dernier, on ne peut plus parler de « protection » de la part de sa direction, vu qu’elle n’a pas grand chose à dire quand il décide quelque chose. Cette saison, il a repoussé de nombreuses limites : un nouveau découpage de Touche Pas à Mon Poste permettant d’enlever toutes les coupures pub du calcul de son audience, des prime-times débutant à 20h45 quand il est à l’animation alors que d’autres doivent se battre (avec Cyril Hanouna) pour ne pas démarrer après 21h20, des pubs déplacées à son bon vouloir et évidemment une campagne promotionnelle toujours intense. Ce qui est étonnant, c’est que Cyril Hanouna n’a pas les exigences avec toutes ses productions : quand ce n’est pas lui à l’animation, ça ne le dérange pas que le programme soit matraqué de pubs.

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Que ce soit parce que leur chaîne mise sur eux pour l’avenir, comme Camille Combal et Martin Weill, ou parce qu’ils ont un poids trop important, comme Nagui sur France 2, Cyril Hanouna sur C8 ou Jean-Marc Morandini sur NRJ12, tous les moyens sont bons pour soigner leurs audiences.

 

Crédit photo : Christophe Chevalin